Théâtre : "ORCHESTRE TITANIC" par la Compagnie de la Saligue

Vendredi 15 mars, à 20 H 30, à la salle des fêtes de Lagor, la Compagnie de la Saligue de Sarpourenx présentera ORCHESTRE TITANIC drame burlesque de Hristi Boytchev.

Libre participation

Meto, Lubka, Doko. Louko, quatre paumés dans une gare désaffectée. Il y a un ancien musicien, un ancien gardien de réserve, un ancien chef de gare et une femme dont on ne sait rien, sinon qu’elle a « beaucoup péché ».

Dans cette micro société à la dérive, c’est un peu les Max Brothers échappés d’une pièce de Beckett : eux, ils n’attendent pas « Godot » mais un train qui les emmènera « là-bas » où, à défaut, qu’ils dévaliseront pour s’offrir à boire avec leur butin ! Seulement les trains ne font que passer …. jusqu’au jour où … l’arrivée d’un improbable illusionniste va leur permettre un voyage invraisemblable.

Hari, un magicien qui se fait passer pour le grand Houdini, se fait fort de les préparer à cet autre monde, en leur expliquant la grande illusion du monde-spectacle, du monde-Titanic : l’illusion est la seule vertu cardinale qui permet la survie de l’espèce humaine.    

Cette comédie date de 2002, alors que la Bulgarie allait intégrer l’Europe : sous ses dehors de fantaisie clownesque, Hristo Boytchev (le plus grand dramaturge bulgare contemporain) imagine ici une étonnante parabole des rapports Est/Ouest et Nord/Sud. Fable (hélas !) prophétique : en 2002, l’Europe des riches regardait d’un air supérieur l’Europe des plus démunis ; en 2018, elle s’évertue à verrouiller la porte à tous ces migrants qui fuient les bombes ou la famine... Qu’importe la misère des autres, tant que l’illusion de notre bonheur est assurée ! Qu’importe si le navire européen coule, puis-que « the show must go on ! 

Le spectateur peut lire le message qu’il veut :  dans un monde chaque jour plus rapide, posant de nouvelles exigences où seuls les plus performants peuvent croire à l’avenir, qu’advient-il de ceux qui ne suivent plus le rythme ? Que faisons-nous des plus fragiles ? Sont-ils condamnés à errer dans une marge de plus en plus importante ? Qu’arrive-t-il à ceux qui ne sont pas dans le train ? Et qui sont-ils ? Ces questions résonnent aujourd’hui plus que jamais. L’illusion serait-elle la seule échappatoire à l’inacceptable ?

04.02.2019